Qui a créé Dieu

Chers amis,

Voici les 3 premiers brefs chapitres du nouveau livre "Tant de beauté, tant de souffrances, pourquoi ?", de Carlo Brugnoli.

Si ces thèmes vous passionnent, vous pouvez trouver cet ouvrage dans votre librairie chrétienne ou le commander :

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Tant de beauté, tant de souffrances, pourquoi ?

1. Sommes-nous acteurs ou spectateurs de notre destin ?

Mon épouse et moi regardions un film d’aventure à la télévision, quand soudain, alors que le héros était en danger de mort, ma femme s’écria : « Seigneur, sauve-le!»

Connaissant son grand cœur, je me tournai néanmoins vers elle pour lui dire : « Le film est déjà fait ».

La suite de l’histoire était effectivement aussi certaine que son début et aucune prière ne pouvait malheureusement la modifier.

Voici toute la question de cet ouvrage : l’Histoire de l’humanité est-elle semblable à ce film ? L’avenir est-il aussi certain que le passé ? L’être humain est-il libre ou ne l’est-il qu’en apparence ? Sommes-nous acteurs, spectateurs ou encore victimes de notre destin ?

Ce débat existe depuis des siècles et passionne encore aujourd’hui nombre de penseurs. La question est débattue dans les universités, comme par tout un chacun autour d’une tasse de café.

Pour nous chrétiens – et si un non-croyant me fait l’honneur de lire ce livre, j’en suis ravi et l’encourage vivement – nous devons nous interroger : Dieu répond-il à une question aussi fondamentale ? La Bible apporte-t-elle une réponse ?

Comment Dieu a-t-il choisi de présider à l’Histoire humaine ? Contemple-t-il de son trône le passé, le présent et l’avenir, tel un film déjà achevé ?

Regardons ce qu’il en dit dès le second chapitre de la Genèse : L’Éternel Dieu façonna à partir de la terre tous les animaux sauvages et tous les oiseaux du ciel, puis il les fit venir vers l’homme pour voir comment il les appellerait. Il voulait que tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait.

L’aventure de la vie, celle de la beauté et de la créativité, a commencé. Dieu observe la scène ; il écoute et découvre les noms que l’homme donne aux animaux sauvages et aux oiseaux : girafe, hirondelle…

En effet, il vient de fabriquer non un robot soumis aux lois de la physique, ni même un être prévisible animé par ses instincts. Non, il vient de créer un être à sa ressemblance. Un fils doté d’intelligence, de volonté et de sentiments, c’est-à-dire un ami potentiel !

Saisissons-nous l’importance de cet instant ? L’enthousiasme du Créateur ? Sa joie est immense ; il a réussi à transmettre son inventivité à son bien-aimé. Quel prodige ! Son amour pourra être compris, reçu, partagé !

Une relation exaltante est maintenant possible : un être à son image est né !

Rien à voir avec un Dieu qui penserait : « Girafe ? Bof, je le savais déjà ! » Ou encore avec un Dieu faisant semblant de s’enthousiasmer pour plaire à Adam, sans l’être en réalité.

Bien entendu, la question demeure : s’agit-il d’un texte poétique qui a pour seul but de chanter l’amour ? Un texte imagé ? Un texte enfantin ? Un texte pour gens simples (pas nous, évidemment) ?

Comme nous le verrons par la suite, si la scène décrite ci-dessus était isolée, nous pourrions être tentés par de telles interprétations.

Mais si, au contraire, Dieu insiste à de multiples reprises tout au long de sa Parole pour nous montrer son émerveillement ou sa déception, alors qu’il tente d’apprivoiser cet être imprévisible et souvent décevant qu’est l’être humain, ce texte s’inscrit tout simplement dans une réalité que Dieu veut nous faire comprendre.

Si nous reprenons l’histoire du film et de mon épouse, ce qui nous semblait futur – à savoir que le héros était menacé et devait réagir en conséquence – faisait en réalité partie du passé, puisque le producteur avait achevé son œuvre depuis longtemps. Son déroulement était donc comme tout ce qui relève du passé : immuable.

Dieu est éternel, il n’a pas de commencement et n’aura pas de fin.

Il règne sur le passé, sur le présent et sur l’avenir. Il a des plans glorieux qu’il a fermement décidé d’accomplir et ceux-ci verront le jour, car sa puissance infinie, son amour et sa sagesse y veilleront, quelle que soit l’opposition des anges déchus ou des hommes rebelles.

Mais le film est-il achevé pour autant ? L’avenir est-il immuable ? Et s’il ne l’est pas, comme nous le verrons abondamment dans toutes les Écritures, alors nous devenons, tel Adam à ce moment-là, partenaires de Dieu. Il nous invite à devenir acteurs dans son projet universel pour établir un royaume fondé sur l’amour, la sainteté et la justice.

Nous trouvons ainsi une réponse pertinente aux quatre questions fondamentales que tout homme se pose, qu’il soit illettré ou bardé de doctorats. Les voici :

  • Dieu existe-t-il ?
  • Si tel est le cas, a-t-il un plan pour l’Univers ?
  • Puis-je connaître ce plan ? Et finalement
  • Puis-je y participer ?

2. Le projet de Dieu pour chacun de nous ? Lui ressembler…

Dieu est bon et il aimerait que chaque être humain le devienne. Il est aussi humble, tendre et doux ; joyeux, aimant et conciliant ; juste et généreux ; stable, patient et persévérant ; saint, pur, bienveillant et pacifique… et il aimerait ardemment que chacun de nous comprenne que la voie du bonheur est de suivre son exemple. Non par programmation ou par instinct, mais par choix.

Imaginons un ingénieur qui crée une poupée magnifique, capable de marcher et de parler. Quand il rentre chez lui, elle vient à sa rencontre, entoure ses genoux de ses bras et s’écrie : Papa, je t’aime !

Belle invention, n’est-ce pas ?

Quelques années plus tard, cette fois, c’est sa fillette de trois ans qui court pour l’accueillir. Elle serre ses genoux de ses petits bras et s’écrie : Papa, je t’aime !

Où est la différence ?

La première scène démontre une prouesse technique ; minutieusement orchestrée.

La seconde est spontanée, inattendue, merveilleuse : elle provoque des larmes de bonheur…

La poupée est esclave de sa programmation, elle n’a aucun sentiment, aucune liberté, aucune volonté. Elle est inconsciente d’elle-même et ne comprend pas ce qu’elle dit. En un mot, elle ne ressemble en rien à son fabricant.

La fillette déborde d’amour pour son papa et ses petits pieds courent vers lui pour le lui dire. Elle est libre, elle partage son bonheur, car elle lui ressemble.

L’attente de Dieu c’est cela : notre amour. Sa spontanéité, son authenticité, sa profondeur et sa beauté valent tous les risques qu’il a pris en nous accordant sa ressemblance, c’est-à-dire la capacité de penser, de ressentir et de choisir librement.

Physiquement, Dieu aurait certainement pu nous créer mille fois plus grands ou mille fois plus petits. Ce que la Bible nous révèle et qui le passionne, c’est notre communion d’esprit avec lui, infiniment plus que nos dimensions physiques.

Notre obéissance quotidienne participe à son grand projet. Notre destinée n’est pas circulaire (un éternel recommencement), elle n’est pas anarchique (un accident du temps, de l’espace et du hasard), et elle n’est pas illusoire (sans liberté réelle), elle devient plénitude en qualité d’amis et ambassadeurs de Dieu.

Sa joie est de voir un être humain saisir que la chose la plus belle et la plus sage qu’il puisse désirer est de ressembler à son Créateur. Joie d’un père qui voit sa fille, son fils, choisir la voie du bonheur. Ravissement de l’enfant quand il peut prendre ses parents en exemple.

Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu, suivez l’exemple de votre Père.

Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés.

3. Dieu agit-il chronologiquement ou vit-il hors de toute notion de temps ?

Dès la création, Dieu nous dévoile sa manière d’être et de travailler : il forme un projet, l’accomplit, pour ensuite l’observer, l’analyser et l’évaluer.

Je vous donne quelques extraits du premier chapitre de la Bible, que vous pourrez vous-même relire :

  • Dieu constata que la lumière était bonne…
  • Dieu nomma la lumière jour
  • Dieu dit encore… et cela se réalisa.
  • Dieu fit la voûte… le soir vint puis le matin.
  • Dieu nomma les continents terre et il constata que c’était une bonne chose.
  • Dieu dit alors : que la terre se couvre de verdure… de plantes… d’arbres… et cela se réalisa.
  • Dieu dit enfin : « Faisons les êtres humains : qu’ils nous ressemblent vraiment ! » …Il les créa homme et femme. Puis il les bénit en disant : « Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre et dominez-la. »
  • Dieu considéra tout ce qu’il avait créé, et trouva cela très bon.
  • Dieu, après avoir achevé son œuvre, se reposa… C’est ainsi que Dieu créa par étapes le ciel et la terre.

Le Créateur ne nous laisse aucun doute. Il nous informe, non pas que le passé, le présent et le futur ne seraient qu’un pour lui, mais qu’au contraire, il agit bel et bien chronologiquement. Un temps pour ceci, un temps pour cela, puis encore pour cela.

Bien que Maître du temps dans lequel il évolue certainement différemment de nous, il travaille par étapes et prend ensuite le temps de se reposer.

Dieu nous révèle qu’il a eu la pensée de donner la vie en créant des êtres à son image ; il les a ensuite conçus, puis s’est arrêté pour prendre le temps d’évaluer son œuvre… Il l’a jugée très bonne.

Un enfant peut le comprendre, mais c’est pourtant une révélation immense : Dieu n’est pas spectateur, mais acteur, il n’est pas passif, mais actif, il est éternel, mais sans le moindre signe de vieillesse.

Il n’est pas hors de toute chronologie, mais il la maîtrise parfaitement.

Il y a pour lui un “avant“ et un “après“ création. Il est un être sublime , infiniment glorieux et tout-puissant, mais il est aussi libre ! Il ne fait pas ce que le film l’obligerait à faire, il ne dit pas ce que le film l’obligerait à dire et il ne pense pas ce que le film l’obligerait à penser… Il est vraiment souverain et il vient de créer des êtres certes limités, mais qui lui ressemblent, conscients d’eux-mêmes, capables de comprendre, de ressentir et de choisir.

Si le film de l’Histoire humaine était déjà connu depuis des milliards d’années – nous pourrions dire plus exactement depuis toujours – alors la liberté même de Dieu d’agir, de parler ou de penser serait elle-même conditionnée par cette connaissance. Il lui serait impossible d’avoir une pensée nouvelle, de prendre une décision nouvelle, de changer ses plans ou encore de faire quoi que ce soit qui sortirait du cadre conditionné par sa propre connaissance.

Celui qui était assis sur le trône dit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. »

Nous verrons que le texte biblique foisonne de témoignages dans lesquels Dieu réagit et prend de nouvelles décisions, suite aux choix de son peuple ou d’une personne en particulier.

 Par exemple, voici ce que le prophète Samuel dit de Saül, premier roi d’Israël : « Voyez-vous celui que l’Éternel a choisi ? Il n’y a personne dans tout le peuple qui soit pareil à lui. » Et tout le peuple cria : « Vive le roi ! »

Saül a été choisi par Dieu lui-même. Cependant, sa désobéissance l’entraînera dans une fin de vie misérable. Le prophète lui dira alors : « Tu t’es comporté de façon stupide ! Tu n’as pas respecté le commandement que l’Éternel, ton Dieu, t’avait donné. L’Éternel aurait affermi pour toujours ton règne sur Israël, mais maintenant ton règne ne durera pas. L’Éternel s’est choisi un homme selon son cœur, et il l’a destiné à être le chef de son peuple. Cela arrivera parce que tu n’as pas respecté ce que l’Éternel t’avait ordonné. »

Samuel n’alla plus voir Saül jusqu’au jour de sa mort. En effet, il pleurait sur lui, parce que l’Éternel regrettait de l’avoir établi roi d’Israël.

Il y a donc eu un temps où Dieu l’a choisi et un autre temps où Dieu a dû modifier son plan suite aux mauvais choix du roi.

Un être humain ordinaire, qui possède des facultés intellectuelles tout aussi ordinaires et qui lit ces récits, comprend que Dieu a délibérément créé et voulu un homme et une femme capables de le réjouir… et de l’attrister. C’est malheureusement ce qui va arriver.

Last Updated on 6 juin 2020 by Ralph Snijders

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