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Témoignage de conversion de Carlo Brugnoli PDF Imprimer Envoyer

Originaire de Vérone (Italie), mon père est arrivé en Suisse comme jardinier juste après la deuxième guerre mondiale. C'est sur les bords du Léman qu'il a fait connaissance de ma mère, employée dans une grande maison bourgeoise. Ils se sont mariés à Genève et c'est là que ma grande soeur est née. Mon oncle maternel, fabriquant d'horlogerie de passage dans la ville, a invité sa soeur (ma mère) et son mari à (re)venir s'établir à Tramelan, dans le Jura bernois, en leur offrant à tous deux un emploi dans son entreprise. C'est ainsi que je suis né dans cette petite cité horlogère entourée de pâturages et de sapins.

De par ma mère j'étais de la bonne société du village, de par mon père j'étais un étranger et, comme mon nom, Carlo Brugnoli, était on ne peut plus italien c'est ainsi que je fus perçu par mon entourage. Ma famille italienne, installée à San Remo et Menton, me témoignait un amour sans borne, ma famille locale une ignorance ou un dédain à peine perceptible pour le "Piccolo"que j'étais, protégé par une grande soeur bienveillante.

A mes yeux, un papa, une maman, une fille et un garçon c'était la norme: normal de chez normal. Tout autant que les hommes étaient catholiques et les femmes protestantes! Pourquoi me direz-vous? Parce que mes parents avaient décidé d'un commun accord qu'à leur image il en serait ainsi de leur progéniture. A cette époque l'oecuménisme battait son plein, le curé et les pasteurs échangeaient parfois leur chaire et l'entente était cordiale. Mon père m'emmenait à la messe régulièrement où il s'ennuyait, s'agenouillait, puis, à la fin, secouait la poussière de son pantalon avec un fils en tout point pareil à ses côtés. Pour moi le calcul était simple: si l'on s'ennuyait une heure par semaine à l'église on serait accepté au Paradis et éternellement heureux. Le marché était nettement en notre faveur!

Classique était aussi ma vie scolaire avec ses bons côtés: enseignants de valeurs, amis fidèles, semaine à ski à 500 mètres de chez moi, et ses défis: j'étais petit et plutôt faible pour mon âge, socialement parmi les plus pauvres et perçu comme étranger, éléments que les enfants cruels savent exploiter avec talents.

Nous avions des amis dans notre rue; le père, menuisier-charpentier, jouait aux échecs avec mon père, nos mères aimaient se retrouver et pour nous, les enfants, entre le club des cinq que nous formions et qui voulait acheter un vrai hélicoptère, les bêtises en forêt, les courses de vélos ou les vacances à la mer ensemble, milles activités nous liaient. J'avais 16 ans quand ils ouvrirent leur maison un samedi soir pour lancer un groupe de jeunes. Naturellement, je fus invité. A l'école, le héros était celui qui faisait sortir de ses gonds la "prof" de solfège. En fait, tous mes camarades avaient honte de chanter mais ce soir-là, après le repas, je vis des gars de mon propre village chanter de tout leur coeur des... cantiques! Cette famille avait toujours professé une foi profonde mais elle venait de vivre un renouveau qui avait aussi touché leurs ados. Je connaissais bien l'atmosphère habituelle des jeunes que je côtoyais. Il fallait jouer des coudes, s'exprimer, s'habiller, dépenser, jurer comme les autres sinon c'était le rejet. Là, rien de tel, une atmosphère paisible, authentique, me faisait goûter une liberté nouvelle: le droit d'être soi-même. De samedi en samedi le groupe grandissait, les amis des amis, des voisins, des frères et soeurs s'ajoutaient: nous étions serrés comme des sardines et heureux comme des fous! Le chef de famille avait ouvert une paroi mais les deux pièces ainsi réunies avaient du mal à contenir plus de 30 jeunes venus de tous milieux. Un soir, un jeune proposa un temps de prières spontanées. J'avais toujours prié une liste de choses à Dieu, il devait être à mon service: fais que ceci, fais que cela... Là, j'écoutais des gars et filles qui aimaient Dieu, le remerciaient, lui demandaient des choses précises et s'attendaient naturellement à une réponse... Ça sentait bon Sa présence.

Je compris que toute ma vie était entièrement centrée sur moi, même mes pratiques religieuses, même ma prière. J'avais suivi bien des années de catéchisme mais c'est seulement maintenant que le voile s'ouvrait: Dieu était amour, l'égoïsme qui me caractérisait était aux antipodes de sa générosité. Il me connaissait parfaitement, voulais-je changer? Jésus n'était pas seulement mort pour l'humanité mais aussi à ma place. Il avait porté mon égoïsme et tous mes autres péchés et en était mort, par amour pour moi. C'était fort!

En quelques semaines Christ s'est levé dans ma vie comme le soleil à l'horizon. J'avais entamé un apprentissage de radio-électricien qui me conduisait aussi bien sur les toits pour poser des antennes que dans les salons luxueux pour y installer TV ou chaînes hi-fi. Mon travail restait le même mais mon regard était nouveau: j'étais concerné par les clients, les aimait et priait pour eux sans effort. Certains avaient plus besoin de restauration que leurs appareils électroniques!

Un feu s'était allumé en moi et je désirais le partager. A Pâques nous fîmes, en famille, un voyage organisé à Paris. J'avais rêvé de la Tour Eiffel depuis l'âge de 4 ans, mais ce monument d'acier me parut terne en comparaison de ce que je ressentais pour les gens. Un jeune m'accosta: "T'as pas un franc?" C'était la première fois que je voyais cela. Avant de les lui donner, je lui parlai de Celui qui pouvait réellement combler sa vie. Ailleurs un autre homme voulait me vendre un ticket pour un spectacle immoral. J'éprouvais de la jalousie pour Dieu, j'étais surpris de ma propre réaction et laissai parler mon coeur: cet homme m'offrait l'immoralité moyennant finances, tandis que Dieu lui proposait gratuitement la pureté, l'amour et une vie nouvelle. Quelques personnes étonnées s'arrêtèrent pour écouter tandis que les autres vendeurs n'appréciaient pas ce contretemps. Je sentais la misère de cet homme qui, pour gagner son pain, devait faire violence à sa conscience. Son regard trahissait son approbation cachée et une soif de vie nouvelle et propre. J'étais tombé amoureux des Parisiens et savais que cet amour ne venait pas de moi. Je passai ce week-end prolongé à leur parler de Jésus, abandonnant le programme officiel du parfait touriste.

Les années ont passé mais le soleil ne s'est pas éteint. J'ai eu le privilège de voyager sur presque tous les continents, de vivre en Afrique, d'écrire des livres et de m'adresser à des auditoires infiniment variés. Partout des hommes et des femmes ont soif de vraie liberté, de sens, de respect, de pardon, de restauration. L'amour de Dieu n'est pas une bonne idée, une philosophie, un mythe, il est une puissante réalité pour tous ceux qui veulent le connaître! Je vous invite à le chercher: lisez ou relisez l'Evangile, ouvrez-vous à Dieu par la prière, fréquentez ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ et n'ont pas honte de lui. En conclusion, je vous laisse ces deux paroles de l'Ecriture:

"Approchez-vous de Dieu et il s'approchera de vous" (Jacques 4:8).

"Je ne mettrai jamais dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37).

Carlo Brugnoli

 

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