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Comme pour un entretien de conversion ou de relation d’aide, le volume sonore qui entoure le dialogue qui nous concerne doit être aussi faible que possible. Les décibels, à eux seuls, n'ont jamais guéri un seul malade, n'ont jamais sauvé un seul perdu ni chassé un seul démon. Le problème ne se pose pas dans un cadre privé, mais il est crucial dans nos rencontres communautaires. Autant une bonne sonorisation, une chorale ou un groupe musical peuvent être précieux au moment opportun, autant ils peuvent entraver le ministère quand le temps des entretiens est arrivé. Nous venons de mentionner la qualité de l’écoute; elle est parfois difficile dans une atmosphère paisible, mais elle devient quasiment impossible quand bien même la chorale ne ferait que chantonner.
Après m’être égosillé, tant de fois et dans tant de milieux, pour surpasser le volume sonore qui s’installe traditionnellement et fidèlement dès qu’on demande au prédicateur de prier pour les malades, je me pose la question: de quoi avons-nous tellement peur pour être à ce point zélés pour "couvrir" la prière en question?
- Avons-nous peur du silence? Les gens réunis apprendront bien plus en écoutant la prière, qu’en chantant pour la deux cent quarante-cinquième fois le même refrain.
- Avons-nous peur que les gens s’ennuient? Laissons-les partir paisiblement.
- Avons-nous peur des indiscrétions? Il y a relativement peu de choses confidentielles et il est toujours possible de baisser le ton, de se mettre à l’écart ou de réserver ces choses pour un entretien privé. Une famille spirituelle ayant des relations saines devrait au contraire se sentir concernée par la santé de ses membres: si une partie du corps souffre, toutes les autres souffrent avec elle, nous enseigne Paul 1 Cor. 12:26.
- Ou alors avons-nous peur du dialogue en lui-même, peur d’avoir des témoins, peur d’avoir des nouvelles réelles et audibles de la personne au bénéfice de la prière? Ce serait triste et en même temps un contre-apprentissage. Cette pratique prive l’église d’une occasion d’apprendre à prier pour les malades; cette dernière ne peut discerner et juger une éventuelle parole prophétique, n’entend pas la parole de connaissance (qui devrait être confirmée), ne peut se réjouir avec le malade qui se porte mieux ou encore ignore que le combat doit se poursuivre. Je crois que la tradition religieuse qui consiste à faire chanter ou prier à haute voix toute l’assemblée, ou encore à faire jouer les musiciens, pendant la prière pour les malades prive de riches bénédictions à la fois ces derniers, la communauté réunie et ceux qui exercent le ministère. Comment les disciples ont-ils pu apprendre de Jésus? N’était-ce pas précisément en le regardant faire et en l’écoutant?
Carlo Brugnoli
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